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Maison Sequaris

Dans le paysage verdoyant de Soumagne se trouve une maison qui s’inscrit dans son environnement avec une clarté presque élémentaire. La Maison Sequaris a été conçue entre 1971 et 1973 par l’architecte Jacques Sequaris pour devenir sa propre habitation. À la fois puissante et retenue, elle se caractérise par une palette volontairement limitée de blocs de béton, béton apparent, briques de verre et zinc, tandis que des arcs monumentaux et un rythme de toiture particulièrement affirmé confèrent aux espaces intérieurs une dimension presque sacrée. L’architecture est sobre sans être froide, rationnelle sans jamais devenir banale. En tant que maison personnelle de Sequaris, elle constitue également un témoignage particulièrement intime d’une période importante de l’architecture liégeoise, étroitement liée à l’univers architectural de Charles Vandenhove.


La maison personnelle de Jacques Sequaris
Une maison qu’un architecte dessine pour lui-même occupe toujours une place particulière dans son œuvre. Architecte et maître d’ouvrage ne font ici qu’un, permettant aux idées de se traduire directement en espace, matière et construction. Dans la Maison Sequaris, cette liberté personnelle est particulièrement perceptible.

Jacques Sequaris fut un proche collaborateur de Charles Vandenhove et participa à plusieurs projets de son bureau. Ce parcours inscrit la maison dans une culture architecturale plus large, à l’origine d’un patrimoine remarquable à Liège et dans ses environs. La parenté avec l’œuvre de Vandenhove se ressent dans l’attention portée à la géométrie, à la lisibilité constructive et au traitement presque monumental des espaces domestiques. La Maison Sequaris possède néanmoins une identité qui lui est propre. Silencieuse, rigoureuse et particulièrement cohérente, elle semble ramener volontairement l’architecture à ses éléments les plus fondamentaux.

Une maison archétypale
Vue de l’extérieur, la maison se présente comme une composition puissante de volumes gris. Les pignons, avec leur couronnement en gradins, accompagnent la pente de la toiture et donnent au bâtiment une silhouette presque archaïque. Les façades sont largement fermées, mais ponctuées à des endroits précis par de vastes surfaces en briques de verre.

La façade avant est particulièrement saisissante. Entre deux volumes massifs apparaît une grande ouverture en plein cintre remplie de briques de verre. Cet arc monumental annonce déjà l’organisation spatiale qui se développe à l’intérieur. Malgré la force de sa géométrie, la maison reste basse et profondément horizontale dans le paysage. Elle ne cherche pas à s’opposer à son environnement verdoyant, mais acquiert précisément par sa simplicité une présence naturelle et évidente.

La construction comme architecture
À l’intérieur, la logique constructive de Sequaris apparaît dans toute sa cohérence. Les blocs de béton restent apparents, les plafonds conservent leurs surfaces brutes et les éléments structurels blancs dessinent un rythme très marqué au-dessus des espaces de vie. Rien ne semble dissimulé derrière une couche de finition décorative.

Les grands arcs maçonnés constituent le principal motif spatial de la maison. Ils divisent les espaces sans jamais véritablement les fermer et créent de longues perspectives à travers l’intérieur. La succession des arcs, des nervures et des volumes confère à la pièce de vie centrale une organisation presque basilicale. Il en résulte une tension remarquable entre l’échelle domestique de la maison et une architecture qui évoque des formes bâties beaucoup plus anciennes et monumentales.

La lumière à travers le verre
Les briques de verre jouent un rôle essentiel dans la maison. Elles ne sont pas utilisées comme un simple détail, mais comme un véritable matériau architectural. De grandes surfaces translucides font entrer généreusement la lumière du jour tout en préservant l’intimité des espaces intérieurs.

Aux extrémités de la pièce de vie centrale, les grandes surfaces vitrées en plein cintre sont encadrées par les arcs maçonnés. La lumière y est filtrée avant de se diffuser doucement dans l’espace. Ailleurs, de longues bandes de briques de verre accompagnent les façades et entretiennent une relation constante avec la végétation environnante. Le jardin reste perceptible sans que l’architecture perde son caractère protecteur et introverti.

Habiter autour d’un espace central
Le cœur de la Maison Sequaris est constitué d’une impressionnante succession d’espaces de vie. Salon, salle à manger et lieux de séjour ne sont pas enfermés dans des pièces distinctes, mais appartiennent à une composition spatiale plus vaste. Les arcs maçonnés donnent à chaque zone sa propre échelle et son identité, tandis que les longues perspectives maintiennent une continuité entre les différentes fonctions.

Ce qui frappe également, c’est le caractère étonnamment domestique de cette architecture pourtant très affirmée. Les meubles en bois, les œuvres d’art et les objets personnels apportent chaleur et couleur face à l’univers minéral du béton et de la maçonnerie. L’architecture constitue ainsi un cadre robuste dans lequel la vie quotidienne peut librement prendre place.

La cuisine introduit elle aussi une matérialité plus chaleureuse. Les menuiseries en bois contrastent avec le béton apparent et les blocs gris, tandis qu’une longue table transforme l’espace en lieu de rencontre informel. De grandes surfaces vitrées s’ouvrent sur le jardin et renforcent encore le dialogue entre intérieur et paysage.

Une maison dans la verdure
La maison est entourée d’un vaste jardin mature qui participe pleinement à l’expérience architecturale. Grands arbres, pelouses et végétation dense assurent l’intimité et donnent à la propriété un caractère profondément paysager. Depuis plusieurs pièces, de larges ouvertures établissent une relation directe avec cette nature.

Le jardin adoucit en même temps la rigueur de l’architecture. Face aux blocs géométriques et aux lignes précises de la toiture se déploie un paysage devenu plus libre et plus luxuriant au fil des années. Depuis les espaces de vie, ce contraste est constamment perceptible : d’un côté, l’architecture précise et presque intemporelle de Sequaris, de l’autre, une nature en perpétuelle évolution.

L’art comme partie intégrante de la maison
Les chambres abritent un élément particulièrement personnel. Jacques Sequaris y a intégré des prototypes de panneaux décoratifs conçus par l’artiste français Olivier Debré. Ces panneaux sont directement liés à l’un des projets majeurs auxquels Sequaris participa en tant que collaborateur de Charles Vandenhove : le Centre Hospitalier Universitaire du Sart Tilman à Liège.

Pour le CHU, Vandenhove souhaitait que l’art contemporain ne soit pas ajouté au bâtiment a posteriori, mais qu’il fasse partie intégrante de son architecture. Olivier Debré, figure majeure de l’abstraction lyrique française, conçut dans ce contexte les Lambris pour le Centre Hospitalier Universitaire de Liège. Ses compositions abstraites furent transposées par sérigraphie sur des panneaux d’acier émaillé vitrifié, apportant couleur, lumière et douceur aux longs espaces de circulation de l’hôpital.

En tant que proche collaborateur de Vandenhove sur le projet du CHU, Sequaris put récupérer certains prototypes de ces panneaux et choisit ensuite de les intégrer dans sa propre maison. Ils sont aujourd’hui bien davantage que de simples éléments décoratifs. Ils constituent un lien tangible entre la Maison Sequaris, son parcours professionnel aux côtés de Charles Vandenhove et l’exceptionnelle intégration de l’art contemporain qui caractérise le CHU de Liège.

Un autoportrait architectural
Plus de cinquante ans après sa conception, la Maison Sequaris conserve une remarquable clarté. Sa force ne réside ni dans le luxe ni dans la recherche d’effet, mais dans la cohérence avec laquelle un nombre limité de moyens architecturaux est mis en œuvre. Blocs de béton, béton apparent, verre, bois, arcs et lumière suffisent à créer un univers domestique d’une grande richesse.

Parce que Jacques Sequaris l’a conçue pour lui-même, la maison peut également être considérée comme un autoportrait architectural. Son environnement professionnel, ses affinités avec l’œuvre de Charles Vandenhove, son intérêt pour l’art ainsi que ses réflexions sur la construction et l’habitat se rencontrent ici dans un ensemble particulièrement cohérent.

La Maison Sequaris est ainsi bien plus qu’une remarquable habitation des années 1970. Elle constitue un rare témoignage architectural dans lequel la radicalité d’une époque de création demeure pleinement perceptible, tout en portant les traces de plusieurs décennies de vie quotidienne. Une maison où l’architecture n’est jamais un décor, mais une structure qui organise, accompagne et donne du sens à la manière d’habiter.


Referentie: 1104
Bouwjaar: 1974
Prijs: € 590.000
Type: Woning
Oppervlakte grond: 3500 m²
Oppervlakte bewoonbaar: 227 m²
Adres: Rue de l’Égalité 289 , Soumagne , Belgique
Rue Del Egalité289 25 2

  • Bedrooms

    3

  • 2

  • Garage

    Ja

  • Garden

    Ja

  • Swimming pool

    Nee

  • Sauna

    Nee

  • Roofed swimming pool

    Nee


EPC: 411 kWh/m²
Vergunning: Ja
Dagvaarding: Nee
Rechterlijke beslissing: Nee
Voorkooprecht: Nee
Verkavelings vergunning: Nee
Stedenbouwkundige bestemming: Woongebied
Rue Del Egalité289 7

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