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Maison V

Dissimulée au bout d’une longue allée et presque entièrement absorbée par un paysage de verdure mature, cette propriété fait partie de ces rares maisons dont l’architecture se révèle progressivement. En 1971, l’architecte Eric Balliu (BARO) y conçoit un vaste ensemble résidentiel de plain-pied où béton, verre et nature dialoguent en permanence. Les volumes bas s’imbriquent les uns dans les autres, patios et terrasses pénètrent profondément dans le plan tandis que de larges baies vitrées orientent chaque espace vers le jardin. Le domaine exceptionnel d’environ un hectare forme un univers en soi, avec étang de baignade, sauna et court de tennis dissimulés dans la végétation. Un environnement qui offre à cette architecture radicale des seventies exactement l’échelle, le calme et l’intimité qu’elle mérite.


Eric Balliu et BARO
Avec BARO, Eric Balliu signe ici une habitation où les principes du brutalisme sont transposés avec une remarquable cohérence à l’architecture résidentielle. La structure ne se cache pas, les matériaux restent visibles et tactiles, tandis que l’ornement cède la place aux proportions, au rythme, à la lumière et à l’espace. Plus de cinquante ans après sa construction, cette pensée architecturale originelle demeure exceptionnellement lisible.

La maison est conçue comme une composition de volumes géométriques bas qui s’étendent horizontalement sur le terrain. De grandes surfaces aux lignes pures alternent avec de puissants éléments verticaux en béton. La palette de matériaux est volontairement restreinte : béton apparent, blocs de béton, verre, bois et menuiseries sombres. À l’intérieur, cette matérialité est poussée jusqu’au bout : tous les plafonds sont réalisés en béton apparent et forment un puissant plan horizontal au-dessus des différentes fonctions de vie.

Les plans d’origine révèlent à quel point l’ensemble a été pensé à partir de son organisation spatiale. Différentes ailes, volumes décalés, patios et terrasses s’imbriquent et sont reliés par de longues lignes de circulation et de perspective. Il ne s’agit donc pas d’une succession conventionnelle de pièces, mais d’un véritable paysage habité, minutieusement composé, où ouverture et intimité se répondent en permanence.

Une arrivée comme séquence architecturale
L’expérience commence bien avant de franchir la porte d’entrée. Au terme de la longue allée, la silhouette basse de la maison apparaît progressivement entre les arbres et les plantations. Son horizontalité affirmée semble l’ancrer dans le paysage, tandis que les cheminées et les structures verticales en béton émergent comme des accents sculpturaux.

L’entrée elle-même est tout sauf conventionnelle. Structures en béton, verre, passages couverts, patios et différences de niveaux transforment l’arrivée en une véritable séquence architecturale. La maison ne se dévoile jamais entièrement au premier regard. Au fil du parcours apparaissent de nouvelles perspectives vers une autre pièce, une cour intérieure ou la végétation environnante.

Un paysage à habiter
Le cœur de la maison est constitué par les généreux espaces de vie. Salon, salle à manger et cuisine s’enchaînent naturellement tout en conservant chacun leur identité. Le spectaculaire salon typiquement seventies, organisé autour d’une cheminée monumentale, en constitue le point d’ancrage. Une large fenêtre panoramique transforme le jardin en véritable tableau vivant.

Le dialogue entre les plafonds en béton, les blocs bruts et les grandes surfaces vitrées définit l’atmosphère intérieure. L’architecture est robuste sans jamais devenir pesante. La lumière naturelle, les longues perspectives et la présence constante de la végétation adoucissent la minéralité des matériaux et confèrent aux espaces une chaleur inattendue.

La cuisine minimaliste, d’inspiration semi-professionnelle, s’intègre naturellement dans ce paysage intérieur ouvert. De longs plans de travail, des équipements intégrés et de nombreux rangements témoignent d’une approche résolument fonctionnelle. Ailleurs dans la maison, les nombreux placards et éléments réalisés sur mesure attirent également l’attention. Ils ne sont pas de simples ajouts, mais font partie intégrante de l’architecture.

Béton, lumière et perspectives
L’une des grandes qualités du projet réside dans la manière dont la lumière est utilisée comme un véritable matériau de construction. Les vastes surfaces vitrées ouvrent les pièces de vie sur le paysage, tandis que patios et ouvertures zénithales amènent la lumière naturelle jusque dans les zones plus introverties de la maison.

Les grands lanterneaux circulaires sont particulièrement remarquables. Découpés comme des formes géométriques franches dans les plafonds en béton, ils créent un jeu presque sculptural de lumière et de matière, notamment dans les salles de bains et les espaces de circulation. Au fil de la journée, la lumière évolue et révèle sans cesse de nouvelles nuances dans le béton apparent.

Parois vitrées, portes coulissantes industrielles et ouvertures soigneusement positionnées renforcent encore cette richesse spatiale. Un passage se termine sur la végétation, une fenêtre cadre un arbre mature, un patio vient interrompre de manière inattendue la masse bâtie. Intérieur et extérieur sont ainsi constamment confrontés, puis réunis.

Des espaces privés tournés vers le jardin7
Les chambres occupent des parties plus retirées du plan sans jamais perdre leur relation privilégiée avec l’environnement. La chambre principale dispose de sa propre salle de bains et s’ouvre directement sur une terrasse privée et le jardin. Les autres chambres bénéficient elles aussi de grandes fenêtres et de perspectives soigneusement cadrées sur la végétation environnante.

Le même langage architectural s’y poursuit avec cohérence. Béton, verre et mobilier intégré reviennent comme un fil conducteur, tandis que l’échelle plus intime des espaces apporte davantage de sérénité. Les salles de bains sont conçues dans un esprit sobre et acquièrent un caractère particulier grâce à leurs ouvertures circulaires en toiture.

Un hectare de verdure, d’eau et de détente
Autour de la maison, il n’y a pas une terrasse unique, mais une succession de véritables pièces extérieures. Patios, terrasses abritées et espaces de repos se glissent entre les différents volumes. Attenante aux principales pièces de vie, la grande terrasse en bois est conçue comme un prolongement à part entière de l’intérieur, orienté vers le jardin et l’eau.

Le domaine d’environ un hectare constitue une composante essentielle du concept architectural. Arbres adultes, grandes chambres végétales, massifs fleuris et perspectives paysagères lui confèrent un caractère presque park-like. Au cœur de cet écrin se trouvent un étang de baignade, un sauna et un véritable court de tennis. Habiter, se détendre et vivre au contact de la nature se rejoignent ici avec une rare évidence.

L’ampleur du terrain donne par ailleurs à l’architecture basse tout l’espace dont elle a besoin. La maison ne se pose pas comme un objet autonome au milieu du jardin : elle semble au contraire se prolonger dans la végétation. Les terrasses deviennent des pièces sans toiture, les baies vitrées des cadres ouverts sur le paysage et l’étang de baignade prolonge encore l’horizontalité de l’architecture.

Le brutalisme dans son expression la plus pure
Ce qui rend cette propriété exceptionnelle n’est pas seulement la force du dessin originel, mais également la remarquable préservation de son identité architecturale. Béton apparent, blocs de béton, portes coulissantes industrielles, mobilier intégré et détails caractéristiques des années septante sont encore largement présents. La maison a été entretenue avec soin sans que son caractère ne soit effacé par des transformations successives.

C’est précisément là que réside aujourd’hui une grande partie de sa force. Il ne s’agit pas simplement d’une maison construite en 1971, mais d’une architecture dans laquelle les idées de cette époque restent pleinement perceptibles. Structure et esthétique ne font qu’un. Le béton porte, délimite et organise ; le verre introduit lumière et paysage ; le bois apporte chaleur et tactilité.

Malgré son langage brutaliste affirmé, la maison possède ainsi une dimension étonnamment humaine. La monumentalité du béton est constamment équilibrée par la douceur de la nature et par l’intimité des patios, des terrasses et des vues soigneusement cadrées.

Une autre manière d’habiter
Outre ses généreux espaces de vie et ses chambres, l’ensemble dispose de plusieurs espaces complémentaires, dont un bureau avec vue sur le jardin ainsi qu’un vaste sous-sol offrant de nombreuses possibilités de rangement, de loisirs ou d’autres usages.

La superficie généreuse, l’organisation entièrement de plain-pied et la composition en plusieurs volumes permettent également d’imaginer différentes manières d’habiter les lieux. La vocation résidentielle privée s’impose naturellement, mais l’organisation spatiale pourrait également se prêter à une combinaison avec un home office, un studio ou un atelier, sous réserve des autorisations urbanistiques applicables.

Un concept architectural remarquablement préservé
Cette maison se laisse difficilement résumer à une superficie, un nombre de chambres ou une année de construction. Sa véritable qualité réside dans la cohérence de l’ensemble : la longue arrivée à travers la verdure, les volumes horizontaux en béton, le jeu de lumière et d’ombre, les patios, les éléments intérieurs d’origine, les grandes surfaces vitrées et, enfin, ce domaine d’environ un hectare avec étang de baignade, sauna et court de tennis.

Une réalisation rare et remarquablement préservée d’Eric Balliu et BARO, où le brutalisme révèle une facette à la fois radicale, raffinée et profondément humaine. Puissante et sans compromis, mais aussi intime, lumineuse et étonnamment chaleureuse : une œuvre architecturale totale qui, plus de cinquante ans après sa conception, conserve toute sa pertinence.


Referentie: 871
Bouwjaar: 1971
Prijs: € 1.300.000
Type: Villa
Oppervlakte grond: 10000 m²
Oppervlakte bewoonbaar: 675 m²
Adres: Gaverstraat 13, Heusden, Belgique
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  • Bedrooms

    4

  • 4

  • Garage

    Ja

  • Garden

    Ja

  • Swimming pool

    Ja

  • Sauna

    Nee

  • Roofed swimming pool

    Nee


EPC: 352 kWh/m²
Vergunning: Ja
Dagvaarding: Nee
Rechterlijke beslissing: Nee
Voorkooprecht: Nee
Verkavelings vergunning: Nee
Stedenbouwkundige bestemming: Woongebied
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